Discours de Tony Blair - 12 janvier 2008 - Conseil National de l'UMP

Discours de Tony Blair - 12 janvier 2008 - Conseil National de l'UMP
Mes chers amis, bonjour,
Je vais essayer de faire mon speech en Français, je voulais m'exprimer en anglais, mais mes collaborateurs m'ont dit que personne ne me comprendrait... Parfait, mais je suis désolé de l'état de mon français que j'ai appris, il y a trente ans, à Paris comme commis de bar.

Tout d'abord, merci beaucoup Nicolas pour ton invitation et merci pour ton leadership. Merci aussi à Jean-Pierre, je conserve un souvenir fort de notre partenariat quand nous étions tous les deux Premiers ministres et surtout de ton travail si important sur l'entente cordiale entre nos deux pays. Jean-Pierre, tu es un homme que je respecte et admire beaucoup.

Aujourd'hui est la première invitation qui sera suivie d'une autre, le 31 janvier, à la Sorbonne, avec les progressistes et la communauté internationale de centre gauche. En effet, je crois qu'il est important de pouvoir partager et échanger les idées avec la droite et la gauche.

Au mieux, la politique traite du progrès, du changement, de la manière dont nous appréhendons le monde tel qu'il est et tentons d'en faire ce qu'il devrait être. Mais trop souvent, au pire, la politique devient une affaire de traditions politiciennes, d'intérêts personnels, pourrait-on dire, au détriment de la nécessité d'être à l'écoute du progrès.

Les différences entre la gauche et la droite politiques sont réelles et le resteront. Les partis politiques, naturellement issus de fières traditions politiques s'efforcent de refléter et de représenter ces traditions. Et pourtant, aujourd'hui, une chose aussi importante que la distinction traditionnelle entre la gauche et la droite, c'est la différence entre une politique qui se tourne vers l'avenir et une autre qui s'accroche au passé.

Il s'agit moins d'une affaire de gauche et de droite que de tort et de raison. Entre ceux qui prennent l'avenir par les cornes, qui font face, comprennent ces réalités et ceux qui battent en retraite, se retranchent dans la zone de confort des slogans dépassés et des anciens remèdes contre des maladies qui, si elles existent encore aujourd'hui, ont pris une forme toute différente de leur forme d'origine.

Demain contre hier. Moins une politique qu'un état d'esprit. Ouverte contre fermée.
Ouverte aux possibilités du monde actuel, possibilités qui paraissent venir d'une autre planète que celle de la génération de mon père et prête à accepter les risques autant que les avantages de la mondialisation.
Ou fermée et recroquevillée dans l'espoir que si nous nous écartons de ce nouveau monde, il nous laissera tranquille et passera son chemin.

Ces paroles peuvent paraître très sévères, voire effrayantes. Toutefois, réfléchissez un instant à la réalité de la vie moderne et comparez-la à la vie d'il y a dix ans. Pensez technologie, l'ipod, la nouvelle génération de téléphones portables, la télévision par satellite. Rappelez-vous comment vous vivez, travaillez en ligne.

Bien sûr, certains d'entre nous ont eu du mal à s'y faire. Il y a six mois, je n'avais pas encore de téléphone portable. Quand j'habitais à Downing Street, je n'en avais pas. J'ai eu mon premier portable le jour de mon départ et tout de suite j'ai appris à « texter » (sic) car j'avais décidé de m'y mettre immédiatement. J'ai donc envoyé un texto à un ami, mais vu le piteux état de mes connaissances technologiques, je n'ai pas réalisé que mon téléphone ne m'avait pas nommé comme expéditeur du texto. J'ai reçu un texto en réponse : pardon, mais qui êtes-vous ? Je me suis dit : incroyable, j'y étais encore hier et ils m'ont déjà oublié !
Ma fille dit que me voir taper un courrier est la chose la plus pénible qu'elle ait jamais vue. Comme si un éléphant tricotait un pull-over...

Justement, avez-vous vu ce que les enfants savent faire dès le plus jeune âge ? Mes enfants regardent rarement voire jamais un bulletin d'information classique. Mais c'est plus fondamental et plus évocateur que cela. Tous les jours et jusqu'à la fin de leur vie, ils s'attendront à faire leurs propres choix de vie quant à ce qu'ils achètent, à la manière dont ils travaillent et même dans quels pays ils travailleront.

L'impact des technologies va bien plus loin que ce que nous offre le cinéma. Elles transforment l'industrie, des secteurs entiers. Combien parmi les premières entreprises mondiales existaient déjà il y a vingt ans ?
Prenez la génétique par exemple et ses répercussions futures sur les soins de santé. Et je ne parle pas seulement de nouveaux remèdes ou traitements, je parle également de nouvelles méthodes de travail et d'anciennes méthodes devenues obsolètes. Ou de l'impact des tableaux électroniques et de l'Internet sur la manière dont nous enseignons dans les salles de classe et sur la substance des cours.
Prenez encore l'impact sur le tourisme de masse et les voyages, pas seulement sur les destinations proposées aux consommateurs, mais sur nos anciennes destinations, autrement dit sur le tourisme traditionnel.

Quel est le sens de tout ceci ? C'est simple, c'est le changement. Du changement, du changement et encore du changement !
Dès le moment où vous pensez maîtriser un changement, un autre le remplace. C'est le monde moderne. Finie la production de masse. Finis les emplois pour la vie. Finie la zone de confort, tout au moins pour les entreprises soucieuses de rester à la pointe du marché grand public. Finie la zone de confort pour le secteur public, si toutefois le service public concerné se préoccupe réellement de fournir le meilleur service pour le public.

Et savez-vous ce qui dynamise ce changement ? Un entrepreneur véreux qui veut aplatir la main d'½uvre ? Un politicien démon, avide d'affrontement ? Non, le changement est dynamisé par le peuple, par ses demandes, ses attentes, ses goûts et par sa volonté de saisir les opportunités du monde qui évolue.

La conclusion à en tirer pour les politiques de gauche comme de droite est la suivante : dans un monde qui change, malheur à celui qui stagne. Que cela vous plaise ou non, pour réussir, vous devez évoluer avec le monde ou perdre, chuter et devenir un monument et non un mouvement.

Changer demande du courage, de l'engagement et surtout d'énormes réserves d'énergie. À cet égard, vous avez de la chance d'avoir Nicolas Sarkozy comme président. Un autre leader dont je tairais le nom m'a dit un jour : Sarkozy, il est très tonic, non ? Je lui ai répondu : non, je ne l'avais pas remarqué...
Je viens de vous donner un exemple d'humour anglais, mais il est certain que votre président est très énergétique et dans tous les domaines...

L'énergie, la volonté de procéder aux changements nécessaires pour survivre dans un monde de changement est la clé. Mais comment procéder au changement, quelle doit en être la substance, quelles valeurs doivent accompagner ces changements ?
Ces aspects-là peuvent faire l'objet de débats vigoureux et devraient faire l'objet de débats vigoureux.

Essayer de résister au raz-de-marée que représente la mondialisation, dont la cause génératrice est la technologie, est une entreprise futile, pire, dangereuse parce qu'elle donne aux gens un choix qui n'en est pas un : accueillir la mondialisation à bras ouverts ou la rejeter.
Comme le raz-de-marée, elle ne peut pas être rejetée et poursuivra son avance que cela plaise ou non. Faire miroiter la perspective d'en éviter le choc est aller contre nature, c'est comme si vous demandiez au reste des Français d'adorer les Parisiens ! En fait, c'est partout pareil, en Grande-Bretagne, c'est comme si vous demandiez aux nordistes d'aimer les gens de Surrey.

La question à se poser, la seule question valable, que vos convictions politiques penchent à droite ou à gauche, est la suivante : Comment s'y préparer ?

Autrement dit, nous devons accepter la réalité de la mondialisation, mais nous ne sommes pas obligés d'accepter que nous ne puissions rien faire pour en rendre les conséquences positives ou négatives. C'est faux, parce qu'elle apporte son lot de défis et son lot d'opportunités.
Il faut accueillir les défis avec le sourire, maximiser les opportunités et les maximiser non pas que pour certains ou pour une élite haut placé, mais pour que tout le monde en profite, tous les citoyens, quels que soient leur classe, leurs antécédents, leur race, la couleur de leur peau ou leurs convictions religieuses.

Il ne s'agit pas d'abandonner nos valeurs, nos convictions traditionnelles, et avec raison, bien aimées, en matière d'égalité des chances, de solidarité et de liberté.
Il ne s'agit pas d'abandonner le rôle vital des politiques et du gouvernement.
Il ne s'agit pas de laisser faire le marché libre régner et nous, le peuple, nous n'y pouvons rien.
Non, ce nouveau monde n'exige pas un changement de nos valeurs ou du rôle des politiques. Il exige tout simplement un changement de la manière avec laquelle nous appliquons ces valeurs et assurons l'efficacité de ces politiques au sein du monde moderne.

L'avenir ou le passé.
L'idéalisme passé sur le réalisme ou sur l'illusion.
Les nouvelles valeurs non, mais un nouvel ordre du jour de l'action, oui.

J'irai même plus loin. Moi je suis, comme vous le savez, un politicien de centre gauche. Je crois en une politique progressiste. Aux Etats-Unis, je serai démocrate. Au Royaume-Uni, je suis travailliste. En France, je serai... probablement au gouvernement, non, non, je plaisante ! Je reste avec ma famille politique. Je serai au Parti socialiste, mais aux côtés de ceux qui ont à c½ur de le transformer.
Surtout, je crois en la justice sociale, dans mon pays, comme une valeur traditionnellement associée à la gauche. Et le plus beau c'est ça : la justice sociale n'est pas moins importante dans ce nouveau monde, au contraire. Pourquoi ? Parce que la nouvelle économie est peut-être modelée par la technologie, mais ce dont elle a le plus besoin c'est d'un capital humain de grande qualité.
Donc, si nous constatons des injustices, la privation, la pauvreté, si en conséquence nous ne donnons pas à tous les mêmes opportunités, non seulement nous devons faire un constat d'échec moral mais aussi économique. Aujourd'hui, la prospérité économique et la justice sociale sont enfin partenaires de cet avenir et non opposées l'une à l'autre.

Et quelle est la substance de cet ordre du jour ? En voici quelques grandes lignes.
Premièrement : éducation et non pas réglementation. Pour protéger un salarié de nos jours, nous devons l'éduquer et non pas rendre le marché du travail rigide.

Deuxièmement : rendre l'Etat providence actif et non passif. Autrement dit, quand une personne doit, indépendamment de sa propre volonté, toucher une allocation, l'objectif doit être de retrouver un emploi et non pas d'alimenter sa dépendance vis-à-vis de cette allocation. Aider fait partie des responsabilités de l'Etat, s'aider soi-même fait partie des responsabilités de chaque individu.

Troisièmement : l'équilibre entre travail et vie privée est la nouvelle frontière de l'Etat providence. L'aide que nous accordons aux femmes et aux hommes en matière de garde d'enfants, de congés de maternité et de paternité, d'aménagement des horaires de travail, dans notre monde moderne, il s'agit tout autant d'assurer le bon fonctionnement de l'économie que d'assurer le soutien des familles.

Quatrièmement : le monde vit à l'heure d'une nouvelle politique industrielle, il ne s'agit pas pour l'Etat d'essayer de diriger les entreprises. Ma propre expérience m'a montrée que les gens d'affaires et pas les fonctionnaires sont les mieux placés pour diriger les affaires.
Il s'agit en revanche d'investir dans les sciences, dans la création de petites entreprises, de créer le milieu dans lequel les entrepreneurs et les cerveaux se sentiront libres de réussir. Parce que lorsqu'ils réussissent, nous en profitons tous.

Cinquièmement : ce nouveau monde a encore besoin des syndicats. Le nouveau monde manque d'assurance, il est incertain, plein de risques, mais le rôle des syndicats aujourd'hui doit être celui de partenaires du changement, d'agent du changement, et non pas d'agent de la résistance.
Les pratiques professionnelles désuètes permettent peut-être à un employé de garder son travail plus longtemps, mais si elles freinent l'économie, elles étouffent la possibilité de créer d'autres emplois pour d'autres salariés.

Alors, à tous les niveaux, de la manière dont nous exploitons nos entreprises à la manière dont nous dirigeons le gouvernement, de la répartition des pensions à la fourniture de soins de santé ou de l'ordre public ; nous sommes obligés, à cause de la cadence du changement, d'évoluer également.

À mesure que les anciens problèmes s'estompent, d'autres font leur apparition.
Aujourd'hui, notre croissance économique doit être durable pour l'environnement. C'est la raison pour laquelle nous devons impérativement parvenir à un nouvel accord sur le changement climatique.

Aujourd'hui, la politique énergétique a repris sa place prioritaire à l'ordre du jour avec le renouvellement de l'énergie nucléaire, domaine dans lequel la France occupe la tête depuis longtemps.

Aujourd'hui aussi, nous constatons des vagues migratoires du monde entier et nous ne sommes pas les seuls. Savez-vous quelle question domine quasiment la campagne électorale américaine, encore plus dans certains Etats que la question de la sécurité ? C'est l'immigration.

Et c'est une autre caractéristique de notre monde moderne. Nous sommes tous confrontés au même défi, celui du changement généré par la mondialisation. Ne pensez pas qu'en France les débats sont si différents de ceux formulés en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni. Et j'irai plus loin, ils ne sont pas si différents des débats formulés en Amérique ou au Canada, en Amérique du Sud ou en Asie.

Ce qui porte à une autre conséquence : les nations comme les nôtres doivent travailler ensemble, la France et la Grande-Bretagne. Même si nous aimons parfois prétendre le contraire. Nous avons énormément de choses en commun.
Pour commencer, nous sommes fiers de notre histoire, même si, je vous l'accorde, nous traitons notre monarchie différemment de la manière dont vous avez traité la vôtre...
Peut-être certains d'entre vous, je crois que oui, ont-ils vu le film « The Queen », il a très bien marché aux Etats-Unis, tant et si bien que souvent lorsque j'y vais les gens à qui l'on me présente disent : oh yes, Tony Blair, i did so love you in that movie !

N'oubliez pas Nicolas, en mars prochain pendant votre visite au palais de Buckingham, quelle que soit notre fierté envers notre histoire, nous allons devoir reconnaître une chose si nous voulons pouvoir être fier de notre avenir. À mesure que nous avançons dans le XXIe siècle, quand la Chine puis l'Inde ont toutes les deux une population plus grande que celle de toute l'Amérique et de l'Europe réunies multipliée par deux, notre mission dans ce monde ne consiste pas à regarder derrière nous, pleins de nostalgie pour l'époque de l'Empire britannique ou français, quand nous nous battions chacun de notre côté. Mais de regarder devant nous vers un avenir où nos deux grandes nations européennes pourront, avec d'autres nations européennes, faire l'Europe et, à travers elle, nous faire nous-mêmes forts et puissants. Faire en sorte que le XXIe siècle nous apporte un bilan positif, faire compter nos idées et nos valeurs.

C'est la raison pour laquelle, une fois de plus, en matière d'Europe, il ne s'agit pas de droite ou de gauche, mais d'avenir ou de passé et même de force ou de faiblesse.
Le terrorisme, la sécurité, l'immigration, le crime organisé, l'énergie, l'environnement, les sciences, la biotechnologie, l'enseignement supérieur, dans tous ces domaines et dans bien d'autres, nous sommes tellement plus puissants, plus efficaces, plus capables de donner ce que nos citoyens attendent de nous en tant que nation individuelle si nous faisons partie de l'Europe ensemble, unis et forts.
Pour l'Europe également, ses citoyens et ses institutions, qui dit nouvelle époque, dit nouvelle réflexion. Alors, pour l'Europe, pour chacun d'entre nous : modernisme ou déclin ?

Quand j'étais Premier ministre, j'ai beaucoup réformé. Il arrive parfois que l'on m'attribue, parfois même dans certaines régions de France, une tendance à pencher un peu vers la droite. Mais, en réalité, mon gouvernement est à l'origine de l'adoption historique du salaire minimum en Grande-Bretagne pour la première fois ; de l'attribution de droits de base aux syndicats ; de la multiplication par deux d'allocations et des congés de maternité ; d'égalité pour les homosexuels ; de nouveaux droits pour les handicapés ; de la majoration des pensions de retraite. Nous avons également doublé les budgets de l'enseignement et des soins de santé.

La Grande-Bretagne avait besoin de ce coup de pouce de l'Etat et mon gouvernement lui a donné. Mais, c'est vrai, nous avons aussi beaucoup, beaucoup réformé. Dans nos écoles, dans notre système de santé, dans le financement des universités, les pensions, les services sociaux et bien d'autres domaines.

Ce que j'en ai appris, c'est que le changement ne plaît jamais. Dès que vous l'annoncez, on vous dénonce. Dès que vous le mettez en oeuvre, tout le monde proteste. Quand vous parvenez enfin à le faire aboutir, tout le monde l'accepte. Au final, vous vous dites souvent que vous auriez dû en faire plus, que vous auriez du aller plus loin.
Je me souviens du jour où, en plein milieu de réformes très controversées des services de santé, j'ai dû me faire hospitaliser pour une petite intervention. J'étais allongé sur mon lit d'hôpital, quand l'anesthésiste est entré, muni d'une énorme seringue et au moment de se baisser pour me piquer, il m'a dit : Monsieur Blair, je vais vous dire une chose parce que je n'aurais sans doute jamais plus l'occasion de le faire, je suis catégoriquement contre vos réformes de la santé !

C'est un fait, le changement est difficile, le chemin de la réforme est pavé d'embûches, mais c'est le chemin du leadership. On y rencontre des obstacles, des adversaires et de nombreux intérêts qui, disant représenter le peuple, au final, ne représentent qu'eux-mêmes. Mais c'est le peuple qui a le plus besoin de ce leadership.
Il n'y a pas de pire trahison que le faux espoir.
Il n'y a pas de devoir plus noble que de prendre la bonne décision même si elle est impopulaire.
Les politiques ne déçoivent pas lorsque les dirigeants ont du mal à prendre les grandes décisions, mais quand ils choisissent de les ignorer, parce qu'alors les gens sont seuls et la vie facile mais éphémère que leur apporte une décision lâche les amoindrit pour une génération. À mesure que les nouvelles nations émergent, prêtes à agir et à lutter pour faire face aux défis de l'avenir, les nations qui ne le font pas se retournent avec regret et contemplent leur passé.
Le voilà notre défi.

Je suis de nature optimiste. Pensez-vous, avec des medias britanniques, un Premier ministre britannique y est bien obligé et je le suis. Mais je pense à mon fils cadet, Léo, qui a 7 ans, et je me dis qu'il a devant lui un monde d'opportunités. Vivre dans un pays comme la Grande-Bretagne ou la France n'est pas une contrainte mais une bénédiction.

Alors, nous avons beaucoup à faire, la France et la Grande-Bretagne ensemble. Qui sait si un jour nous ne partagerons pas la même langue, mais laquelle ? Ce sera pour le prochain discours.
Merci beaucoup à tout le monde, merci vraiment.
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 13:55

Discours de François Fillon - Conseil national de l'UMP - 12 janvier 2008

Mes chers amis,

Nous sommes le 12 janvier 2008 !
Cela fait 8 mois que nous avons ensemble porté Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.
Cela fait 8 mois que je dirige un gouvernement réformiste, soutenu par une majorité réformiste qui ont entrepris un effort de modernisation et d'adaptation sans précédent de notre Pays !
La libération des heures supplémentaires au pays des 35 heures et du mythe du partage du travail.
L'autonomie des Universités !
La réforme des régimes spéciaux de retraite
La fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC pour créer le grand service de l'emploi qui nous aidera à atteindre notre objectif du « plein emploi ».
Le service minimum dans les transports à compter du 1° janvier 2008.

Nous avons aussi instauré des peines planchers pour les récidivistes, réformé la carte judiciaire, durci les conditions du regroupement familial et supprimé les droits de successions pour 95% des français.

La plupart de ces réformes étaient jugées impossible à réaliser il y a encore un an à peine.
Nous avons fait la démonstration que les Français n'ont pas peur des réformes mais qu'ils sont seulement impatients d'en mesurer les effets.

Déjà les résultats se dessinent :
Le chômage est à son niveau le plus bas depuis des décennies à 7,9% de la population active.
La croissance au 3° trimestre a déjoué toutes les prévisions pessimistes des experts.
On est encore loin de nos objectifs mais la démonstration est faite que les heures supplémentaires ne tuent pas l'emploi et que notre politique économique stimule la croissance dans un contexte international difficile.
La négociation en cours des partenaires sociaux sur le contrat de travail illustre l'effectivité du dialogue social dans notre pays et démontre l'évolution des organisations syndicales.
La délinquance à reculé 3,6% en 2007 et de 10% depuis que Nicolas Sarkozy a imposé sa méthode et sa volonté dans ce domaine.
La signature à Lisbonne du traité simplifié a marqué le grand retour de la France en Europe.
Paris est redevenu le point de passage obligé de tous ceux qui portent les débats européens et les grands débats planétaires.
Cette semaine c'est José Luis Zapatero qui était à Paris pour sceller l'alliance sans faille de la France et de l'Espagne dans la lutte contre le terrorisme mais aussi dans l'exigence d'une politique européenne de l'immigration responsable, c'est-à-dire une politique d'accueil des étrangers dont la France et donc l'Europe a besoin et une politique sans faiblesse de lutte contre l'immigration clandestine. Ai-je besoin de rappeler à nos socialistes français qui est José Luis Zapatero, celui-là même qui avait fait la grande régularisation et qui était à Paris pour sceller une politique commune ?
Jeudi, deux otages des FARC ont été libérés en Colombie, faisant naître un nouvel espoir pour la libération d'Ingrid Betancourt.
C'est une grande nouvelle.
Chacun sait le rôle qui a été celui de la France et de son Président dans l'ouverture d'un dialogue plus confiant et plus efficace dans cette perspective.

Que s'est il passé ?
Qui est responsable de ce renouveau ?

C'est d'abord Nicolas Sarkozy !
C'est d'abord celui qui a conduit notre mouvement politique au premier rang puis à la victoire aux présidentielles et aux législatives.

La conférence de presse qu'il a tenue mardi a, une fois encore, démontré qu'avec lui la politique retrouvait de l'énergie mais aussi du sens.

C'est ainsi, par son passé et sa vocation universelle, notre nation n'est pas tout à fait comme les autres.
Diriger la France c'est, en partie, diriger l'Histoire, et c'est donc donner à la politique la profondeur qu'elle mérite.

Oui, la France a une identité.
Oui, les valeurs guident l'âme des peuples, et je note que ceux qui s'inquiètent de nous voir en parler sont les mêmes qui autrefois succombaient au charme des idéologies.
Les idéologies sont mortes mais les valeurs persistent : voilà ce que nous croyons !
Oui, notre République a besoin de règles.
Oui, il doit exister un art de vivre à la Française.
Oui, le conflit entre l'esprit des lumières et la barbarie se poursuit encore.

Nicolas Sarkozy a parlé de politique de civilisation. Et il a eu raison.
Car faire de la politique, ce n'est pas seulement gérer l'instant présent.
Ce n'est pas ignorer les grandes mutations géographiques, technologiques et éthiques.
Ce n'est pas gouverner les yeux rivés sur les sondages.
Ce n'est pas dire « oui » à tout le monde pour tenter de ne déplaire à personne.

Ce renouveau, mes chers amis, il est dû aussi au gouvernement que j'ai l'honneur de diriger.
Je veux rendre hommage au travail de mes ministres, à leur engagement et à leur loyauté envers notre projet politique.
Le petit monde politico médiatique glose sur leur évaluation.
Pourquoi ?
Parce que l'habitude a été prise depuis si longtemps de ne jamais respecter les engagements pris devant les électeurs.
Ce sont les électeurs, disent-ils qui jugeront les ministres.
Et d'ailleurs, depuis 25 ans, ils les ont toujours notés de la même manière : En les renvoyant avec la majorité sortante dans leur foyer !
C'est la première fois qu'une majorité se succède à elle-même !
Pourquoi ?
Parce que les Français espèrent qu'avec Nicolas Sarkozy et la majorité présidentielle, le temps des engagements respectés est enfin venu.
Nicolas Sarkozy a démontré au ministère de l'intérieur qu'une culture de l'évaluation et du résultat permettait de changer ce qui semblait impossible, inéluctable comme la hausse de la délinquance.
Nous introduisons cette culture de l'évaluation et du résultat pour tout le gouvernement.
Les Français ne s'y trompent pas qui s'en réjouissent.

Ce renouveau nous le devons aussi à la majorité parlementaire.
Je veux remercier Jean François Copé et Josselin de Rohan pour leur soutien sans faille.
Je veux remercier tous les parlementaires de l'UMP et du Nouveau Centre qui ont su transformer en lois de la République tous ces engagements de campagne en si peu de temps !
Je lis parfois qu'il y aurait du tirage dans la majorité présidentielle !
Il faut être bien peu rigoureux pour l'affirmer devant le bilan exceptionnel en termes de réformes législatives de la majorité en huit mois.

Enfin, ce renouveau il est rendu possible grâce à vous.
A vous, cadres et militants de l'UMP, qui n'avez cessé de nous encourager, de nous soutenir, de nous stimuler, de nous mettre en garde contre toute tentation de renoncement, de compromis, de recul.
Je veux dire ma gratitude à Patrick Devedjian, à Jean Pierre Raffarin, à Jean-Claude Gaudin et à Pierre Méhaignerie pour avoir su relever le défi d'une direction de l'UMP dont Nicolas Sarkozy a disparu de l'organigramme.
Il faut dire qu'il n'est, fort heureusement, jamais très loin.
Ne vous y trompez pas ! L'UMP est plus nécessaire que jamais !
Sans cette grande force politique populaire, le Président de la République, le gouvernement et la majorité parlementaire ne sauraient trouver le courage et l'énergie d'affronter jour après jour les conservatismes qui s'opposent aux changements promis aux Français, les certitudes de tous les tenants de l'immobilisme et de la pensée unique.
Vous êtes la matrice du changement en même temps que la sentinelle qui nous rappelle à notre devoir.
« L'urgence est partout » a dit le Président de la République.
L'urgence est partout, parce que la France a trop longtemps donné du temps au temps, laissant ainsi le cours de l'Histoire décider pour elle.
Nous sommes dans l'urgence mais cette urgence doit être maîtrisée et placée dans une stratégie de long terme.

Quel est notre horizon ?
Une France du plein emploi et du mérite où les talents ne se brisent pas sur les situations acquises.
Une France dont la croissance interne ne dépend pas exclusivement de l'environnement international.
Une France qui ne vit pas à crédit sur le dos des générations futures.
Une France responsable où les citoyens donnent à la nation autant qu'ils reçoivent d'elle.
Une France dont l'identité est à la fois affermie et ouverte sur l'Europe et le monde.

Pour tout cela, nous n'avons d'autre choix que de tout faire dans un même élan. Et de le faire maintenant.
Pendant 8 mois, nous avons amorcé le changement, préparé le terrain, engagé les négociations, les concertations sans lesquelles il n'y a pas de changement réel.
Avec 2008 nous entrons dans le vif du sujet !
Nous engageons les grandes transformations économiques et sociales dont notre pays a tant besoin.

Avec la réforme du marché de l'emploi, de la formation professionnelle et du contrat de travail, la France rejoindra, dès cet été, le groupe des pays européens qui a misé sur la « flex-sécurité » pour atteindre le plein emploi et rendre à leurs citoyens, confiance en eux-mêmes dans un monde globalisé.
Nous aurons, dans quelques instants, l'occasion d'accueillir Tony Blair qui a su convaincre la gauche britannique de suivre cette voie mais dont la gauche française refuse toujours de reconnaître les mérites.

Avec la réforme de notre économie, nous allons regagner les points de compétitivité qui nous manque pour exporter mais aussi pour fournir aux français des biens et des services à meilleurs couts.

Avec la réforme du dialogue social et celle des règles qui régissent les heures supplémentaires, nous rendrons possible l'adaptation du temps de travail dans les entreprises par accord avec les salariés.
C'en sera, alors fini des 35 heures imposées à tout le monde !

Avec la réforme de nos institutions nous allons reprendre notre place dans le combat pour la défense des libertés et des droits de l'Homme dans lequel, après nous être si longtemps illustrés, nous n'avions cessé de reculer.
La décision de mettre à jour le préambule de notre constitution pour y intégrer des droits nouveaux est historique. Il ne s'agit de rien de moins que de compléter la déclaration des droits de l'Homme de 1789 et le préambule de la constitution de 1946.
Est-ce que ce n'est pas là le signe d'un pays qui a retrouvé confiance en lui-même ?

Avec la réforme de l'Etat et celle des prélèvements obligatoires nous allons réconcilier deux impératifs : l'efficacité économique et la justice sociale.
Nous allons offrir un avenir aux fonctionnaires de notre pays qui ont vu leur condition sociale dégradée par une fuite en avant irresponsable de leurs dirigeants incapables de maitriser les effectifs et les dépenses publiques.
L'engagement que nous avons pris de revenir à l'équilibre des finances publiques en 2012 est fondamental.
C'est de sa réalisation que dépendent, à long terme, le plein emploi, la croissance et la pérennisation de notre modèle social.
Je ne transigerai pas avec cet engagement.
La faiblesse de notre économie, la peur de l'avenir qui paralyse les capacités d'initiative des français et menace leur cohésion a, aussi, pour cause la dette excessive que nous avons accumulée depuis 30 ans.
Cette dette a réduit comme peau de chagrin nos capacités d'investissements et nous a forcé à accroitre sans cesse nos prélèvements obligatoires.
Nous ne pourrons rien construire sur ces sables mouvants.
Ceux qui prétendent le contraire, sont des illusionnistes dont les talents usés ne convainquent plus guère.

Avec le plan pour les quartiers défavorisés nous allons proposer à tous les jeunes un dispositif exigeant de formation qui débouchera sur un emploi.

Avec l'instauration de quotas d'immigration, nous allons enfin nous doter des instruments nécessaires pour permettre à la France de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire et suivant quels critères.
Sur ce sujet, je veux vous dire que je ne céderai pas aux leçons de morale de ceux qui, un jour, réclament des papiers pour tout le monde et le lendemain s'étonnent que l'intégration ne marche pas.

Avec la réforme de la participation et de l'intéressement, nous allons tracer une nouvelle voie dans l'association du capital et du travail.

Avec la réforme de l'audiovisuel public, nous allons offrir aux français un outil d'éducation, d'information et de culture digne de la France.
Parce qu'elle ne sera pas soumise aux contraintes commerciales, la télévision publique pourra assumer les responsabilités qui sont les siennes et qui, seules justifient vraiment son existence.

L'annonce de cette réforme a révélé, s'il en était besoin, la vraie nature de l'opposition. Elle n'a pas de convictions mais seulement des ambitions.
Comment pourrait-elle, sinon, combattre ce qu'elle a toujours prôné, ce dont elle a rêvé mais qu'elle n'a jamais eu le courage de faire ? Il y a quelque chose de surréaliste à voir l'alliance de l'extrême gauche, du Parti communiste et du Parti socialistes réclamer le maitien de la compétition publicitaire entre chaînes publiques et chaînes privées qu'ils ont toujours dénoncée.

Il n'y a pas que sur l'audiovisuel public que le parti socialiste est à la dérive !
Son attitude sur la ratification du traité simplifié n'est pas digne.
27 pays européens se sont mis d'accord pour sortir de l'impasse mortelle où l'Europe se trouvait plongée depuis l'échec du traité constitutionnel. La moitié de ces pays sont socialistes. Le contenu du traité est parfaitement compatible avec les engagements pris durant la campagne par la candidate socialiste.
Mais voilà : c'est Nicolas Sarkozy qui a permis cette sortie de crise et que c'est notre gouvernement qui présente ce traité à la ratification du Parlement, alors les socialistes ne participeront pas au vote.
Ils seront absents.
Ils n'ont pas d'opinion.
Ils se défilent.
Ils affichent ainsi leurs petits calculs et leur impuissance !

Mes chers amis, nous, nous serons au rendez vous de l'histoire. Nous serons au rendez vous que les français nous ont fixé en mai et en juin 2007.
Nous serons aux rendez vous de l'année qui commence.
Je nous invite, mes chers amis, à aller à leur devant avec assurance et franchise.
Avec franchise, car il ne faut pas biaiser avec la vérité : il n'y aura pas de progrès sans grands changements structurels, ni sans efforts.

Notre volontarisme, notre confiance dans l'avenir ne nous empêchent pas d'être lucides. Nous voyons bien qu'il y a des vents contraires qui se lèvent :
La croissance américaine s'essouffle et la crise des subprimes commence à faire sentir ses effets. Outre-atlantique certains parlent ouvertement de risque de récession.
Le prix des matières premières, et notamment du pétrole, est et restera à un niveau élevé.
Les tensions géopolitiques sur le continent indien et africain obscurcissent les perspectives d'une croissance mondiale dont le sort semble, plus que jamais, entre les mains de la Chine.

Non seulement cette réalité ne nous décourage pas mais elle commande d'accélérer le rythme des réformes et de nous retrousser les manches.
Le durcissement de notre environnement économique est porteur de difficultés mais il est aussi porteur d'opportunités. Le freinage de la conjoncture ne justifie ni pause, ni repli, mais au contraire un approfondissement des réformes.
La conjoncture nous défie, mais nous ne tremblons pas.

Mes chers amis,

A l'occasion de sa conférence de presse, le Président de la République a fixé le cap.
Faute d'arguments, l'opposition a parlé d'un « grand show », habituée qu'elle est à nous servir des plats froids.
Faute de projet, elle a pris le parti d'exister dans la critique systématique plutôt que de se distinguer par des contre-propositions.
La France, bien malheureusement, continue de vivre avec l'un des partis socialistes les plus conservateurs d'Europe.

Divisé et sans projet, c'est ce même parti qui au mois de mars va tenter de faire croire aux Français qu'il incarne au niveau local un bain de jouvence et de modernité...
Avec vous, je ne laisserai pas cette duperie s'installer sans réagir !
Je serai à vos côtés pour mener la bataille des municipales.
J'y serai, avec le gouvernement, non pas pour détourner ce scrutin de son évidente dimension locale, mais pour rappeler que ce qui se fait pour la France n'est pas dissociable de ce qui peut se faire dans nos communes.
Chaque ville est un cas à part, mais chacun de nos candidats peut utilement s'appuyer sur les politiques que nous menons et qui feront la prospérité, la qualité et la sécurité de nos villes.
Il y a l'emploi où l'opposition n'a toujours a proposer que la réduction du temps de travail.
Il y a l'environnement où nous sommes les artisans d'une mutation écologique que la gauche n'a jamais eu le courage d'engager.
Il y a la sécurité sur laquelle je n'ai pas la cruauté de rappeler le bilan de l'opposition.
Et puis, il y a l'ouverture politique.
Cette ouverture que le gouvernement incarne avec force et modernité, et que l'UMP a eue la volonté de démultiplier au niveau local en ouvrant ses listes à plus de 1000 candidats différents.

Il y a huit mois, certains doutaient, ici même, de l'opportunité de cette ouverture voulue par Nicolas Sarkozy.
Certes, il est toujours plus difficile de s'ouvrir aux différences que de se refermer sur ses certitudes. Mais voilà, l'ouverture, que nous incarnons, est plébiscitée par nos concitoyens et elle est en train de donner un souffle d'air frais à la politique française.
Eh bien l'ouverture, c'est vous !
Et la fermeture, c'est l'opposition !

Les faits sont là : pendant que les socialistes se déchirent, nous sommes rassemblés - UMP, Nouveau Centre, Gauche Moderne, Progressistes, Mouvement pour la France - et tandis que l'opposition se recroqueville sur le plan idéologique, nous nous ouvrons sur le plan politique.
Voilà ce qui nous distingue de nos concurrents, et ce n'est pas parce que les enjeux sont locaux qu'il n'existe pas une réalité nationale.

Mes amis,

Dans quelques instants, vous entendrez le Président de la République.
Il vous parlera de la France.
Et il vous rappellera le serment pris devant les Français : « dire ce que nous allons faire et faire ce que nous avons dit ! ».
Avec lui, nous irons au bout de nos engagements.
Rien ne me fera dévier de nos objectifs.
J'avancerai pas à pas, vous sachant à mes côtés.
Nous cheminerons ainsi ensemble, avec la certitude de servir les intérêts de notre pays.
Et alors, la France que nous aimons et que nous voulons sera notre récompense
Discours de François Fillon - Conseil national de l'UMP - 12 janvier 2008
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# Posté le dimanche 13 janvier 2008 10:06

Discours de Patrick Devedjian - Conseil National de l'UMP 12 janvier 2008

Discours de Patrick Devedjian - Conseil National de l'UMP 12 janvier 2008
Chers amis,

Nous avons donc voté la charte validant les 10 engagements de l'UMP pour les élections municipales.

Nous sommes convaincus que ce scrutin aura une résonance politique nationale considérable. Et qu'à ce titre, il doit être revendiqué par notre formation.

La recherche du consensus ne doit pas se dissoudre dans l'absence de conviction.

Renoncer à politiser les élections municipale, ce serait renoncer implicitement aux idées et aux principes qui nous animent.

Le Président de la République et l'Assemblée qui le soutient viennent à peine d'être élus, la rupture se fait jour.

Quelle pudeur absurde nous dicterait de passer sous silence les idées qui nous fondent.

Et quelle stratégie ?

Nos adversaires les plus farouches seraient les premiers à nous reprocher cette forme de déni.

D'ailleurs, quoiqu'il advienne, les commentateurs ne manqueront pas d'analyser les gains et les pertes de chaque parti en tirant des conclusions politiques à l'échelle des partis.

Monsieur Hollande, à cours d'idées mais pas à court de candidatures, ni de combinaisons de couloir, est déjà assis avec un crayon derrière l'oreille, prêt à pointer les voix sur des étiquettes, se demandant comment il va nous refaire le coup du bonneteau électoral de 2004.

Il faut politiser ces élections.


Les électeurs doivent savoir que s'ils votent pour une liste de gauche, fut-ce pour un candidat très sympathique, ils s'exposent à une augmentation des impôts et à une mauvaise gestion.

L'ouverture n'est pas un mot d'excuse.

C'est ouvrir la porte à la discussion.

A ceux qui nous rejoignent, il faut dire : Vous êtes les bienvenus avec vos idées, mais pour éclairer les nôtres.

Les électeurs sont libres de voter pour d'autres considérations.

Mais nous n'avons aucune raison d'essayer de les tromper sur la marchandise.

D'ailleurs, nul ne conteste le principe des investitures.

On se bat même pour les avoir.

Comme on se bat pour recevoir sur le terrain nos responsables nationaux.

Nous voulons réformer le pays. Le vent qui souffle dans le sillage de Nicolas Sarkozy ne s'arrête pas à la porte des mairies.

Il ne s'agit pas de gommer les spécificités locales, bien entendu. Mais quelle que soit la Nature des enjeux, nous devons y mettre notre signature.

Nos valeurs ont vocation à être déclinées localement. Aucune particularité locale ne me parait incompatible avec une bonne gestion ni avec une politique de résultat.

Nous nous sommes trop longtemps excusés d'être un parti de droite. Nous l'avons payé cher.

Nous n'allons pas maintenant nous excuser d'être nous.
En l'occurrence, des Sarkozystes !

Ce changement que les Français ont tellement attendu, nous devons l'incarner avec la même force, avec les mêmes convictions, avec les mêmes valeurs dans nos communes.

Pourquoi ne bénéficieraient-elles pas du vent nouveau qui souffle.

C'est aux électeurs qu'il appartient de politiser ou non leur choix.

Quant à nous, nous devons être fiers de ce que nous sommes, de la politique menée par le Président de la République et par le gouvernement de François Fillon.

Les électeurs ne sont pas dupes. Il n'y a rien de plus méprisable à leurs yeux que ces élus qui tiennent à Paris un discours qu'ils dénigrent en circonscription.

Le courage politique est l'une de nos vertus.

Cela vaut tout autant pour nos convictions européennes que pour les enjeux municipaux.

A ce propos, permettez-moi de rendre hommage à Tony Blair, qui nous fait l'honneur et l'amitié d'être notre hôte aujourd'hui,

Sa présence est là pour témoigner que non seulement notre ambition dépasse les frontières, mais qu'elle dépasse aussi les clivages.

Qu'elle les dépasse, et je dirais même mieux, qu'elle les transcende.

Le transcendance, c'est peut-être ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui.

L'Europe était populaire tant qu'elle était une cause.

Elle est devenue impopulaire quand elle est apparue comme une machine.

Le « non » français au référendum était un non à la froideur et à la technocratie, au fatalisme qui faisait dire à nos dirigeants que la politique était impuissante à infléchir le cours des choses.

Ce « non » était celui d'un peuple lassé de voir ses gouvernants brandir l'Europe comme une excuse, en agitant dans l'autre main le spectre de la mondialisation.

Une majorité de nos concitoyens s'est dit : autant rester entre nous s'il s'agit de subir notre sort. Nous n'allions pas en plus l'abandonner à des inconnus.

Je ne sais pas s'il manquait un souffle à l'Europe, mais il manquait un souffle à la politique française.

Et j'ai quand même l'impression, qu'on le veuille ou non, que le pays est porté par un vent nouveau.

A trois semaines de la ratification du Traité de Lisbonne par le Parlement français, j'observe que les tentatives de s'opposer menées par quelques anti-européens convaincus ont du mal à éveiller l'intérêt de l'opinion.

L'Europe portée par Nicolas Sarkozy est très différente de l'Europe subie par d'autres.

Les commentateurs sont peut-être passés un peu rapidement sur la façon dont le Président de la République a convaincu nos partenaires européens d'adhérer à l'idée du traité simplifié.

L'Europe était en panne par notre faute. Elle s'est trouvée un nouveau leader.

On n'a pas assez salué ce retournement de situation.

L'Europe, c'est peut-être la plus grande idée politique du 20ème siècle.

On a failli l'abandonner. Comme si elle était trop grande pour nous.

Puisque nous accueillons Tony Blair, je ne résiste pas à l'envie de citer Shakespeare qui nous dit, dans La nuit des rois :

« N'ayez pas peur de la grandeur ».


Nous devons ½uvrer à rendre l'Europe plus grande aux yeux de nos concitoyens.

Il faut qu'elle redevienne une cause.

La France va présider l'Europe dans six mois. Et elle ne doit pas se mettre aux commandes d'une machine, mais prendre la tête d'une aventure.

Je pense que sommes enfin prêts, et que, pour en débattre, nous avons aujourd'hui parmi nous les hommes de la situation.

Merci encore à Tony Blair. Pour sa présence et son fair play.

En attendant, je cède la parole et je souhaite la bienvenue à François Fillon
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# Posté le dimanche 13 janvier 2008 10:04

UMPnet... C'est parti !

UMPnet... C'est parti !
L'UMPnet est la plateforme participative que l'UMP lance à l'occasion des élections municipales


Avec cette plateforme vous allez pouvoir :


Participer aux débats thématiques nationaux


Six débats politiques viennent d'être lancés sur la plateforme, portant notamment sur le traité simplifié européen, sur le thème du handicap ou encore sur les suites du Grenelle de l'Environnement.


Participer à la campagne municipale dans votre ville


Les 9 et 16 mars prochains auront lieu les élections municipales. Toutes les villes de France métropolitaine et d'Outre-Mer sont cartographiées sur ce site. Nous vous invitons à vous inscrire dans la ville où vous habitez.
Vous découvrirez ainsi le candidat soutenu ou investi par l'UMP pour les prochaines élections et vous pourrez le soutenir en participant aux réunions, aux débats en ligne et aux différentes activités de sa campagne.

Avec l'UMPnet, vous allez également pouvoir inviter d'autres personnes à vous rejoindre, animer votre réseau d'amis, participer à des débats autour de problématiques qui se posent dans votre ville et ainsi militer au quotidien aux cotés de votre candidat.

Rendez-vous sur http://www.umpnet.org, complétez votre profil et invitez vos amis.
Nous comptons sur votre mobilisation !


Très bonne année 2008 !


Une petite précision, mais qui a son importance :

pensez à faire attention à bien vous localiser sur la carte, car elle est un peu fantaisiste (je suis bien inscrite dans le Loiret, mais si je n'avais pas fait attention, ma commune basculait en Bourgogne pour cause d'homonymie !)



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# Posté le dimanche 13 janvier 2008 09:22

Intervention de Nicolas 29 novembre 2007

Je vous insère un lien pour regarder la VDO de l'interview intégrale de Nicolas jeudi soir...

Sans oublier un spécial bravo à son service de com qui a positionné une intervention TV ce soir là afin que la journée "sans Sarkozy" envisagée par le collectif ... je sais plus quoi... soit impossible !

# Posté le samedi 01 décembre 2007 07:55